Une histoire d’ours

Publié le 28 septembre 2018

En Analyse Transactionnelle, on appelle « cadre de référence » notre perception individuelle de la réalité. Il définit notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde. Est-ce que j’ai tendance à m’apprécier ? Ou au contraire à me critiquer ? Est-ce que je pense que les autres êtres humains sont structurellement meilleurs (forts, compétents, heureux, chanceux…) ou plus faibles (fainéants, incompétents, passifs…) que moi ? Et est-ce que le monde est bienveillant, plein d’opportunités, ou au contraire dangereux, hostile ?

Parfois, pour conforter notre cadre de référence et notre scénario, ce plan de vie semi-conscient que nous avons construit et ancré dans notre enfance, nous faisons des méconnaissances : « nous excluons des aspects de la situation présente qui seraient utiles à la résolution d’un problème »[1].

Une des histoires qui illustre le mieux cette difficulté est le dialogue entre le lapin et l’ours, un texte écrit en allemand par Carola Schaffner.

Grande agitation dans la forêt ! Une rumeur court selon laquelle l’ours a une liste de condamnés à morts. Tous les animaux se demandent qui en fait partie. Le premier, le cerf réunit tout son courage, va voir l’ours et lui demande : « Dis-moi, ours, est-ce que je suis sur ta liste ? »

« Oui », répond l’ours, « ton nom aussi est sur la liste. »

Angoissé, le cerf fait demi-tour et s’en va. Et effectivement, deux jours plus tard le cerf est retrouvé mort.

La peur augmente de plus en plus parmi les animaux de la forêt, et tous se demandent qui est désormais sur cette liste.

Le sanglier est le premier à perdre patience. Il va voir l’ours et lui demande si lui aussi est sur la liste.

« Oui », répond l’ours, « toi aussi tu es sur la liste ».

Terrifié, le sanglier prend congé de l’ours. Et lui aussi est retrouvé mort deux jours plus tard.

Cette fois, les habitants de la forêt sont pris de panique. Et seul le lièvre ose encore venir voir l’ours.

« Ours, est-ce que je suis moi aussi sur la liste ? »

« Oui, tu es aussi sur la liste. »

« Est-ce que tu peux effacer mon nom ? »

« Oui bien sûr, sans problème ! »

Si vous avez l’impression d’être parfois « coincés » dans une difficulté récurrente, si vous souhaitez changer des choses dans votre vie mais que vous ne savez pas comment vous y prendre, prendre du recul et réfléchir à votre scénario peut être très utile – ne manquez pas le stage animé par Anne Kohlhaas-Reith, les 5 et 6 octobre prochains, « Vivre la vie que je veux » !

[1]Ian Stewart et Vann Joines, Manuel d’analyse transactionnelle, InterEditions, Paris 2005, p. 232

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