Être autonome… et en lien avec les autres

Publié le 21 février 2018

Grande discussion hier avec un DRH de mes amis. Le sujet :  » Qu’est-ce que l’autonomie ?  » Et plus précisément :  » Comment faire pour que les personnes qui composent une entreprise soient autonomes, responsables et impliquées ?  »

Dans son livre Des Jeux et des hommes, Eric Berne, le fondateur de l’Analyse Transactionnelle apporte des réponses qui me semblent puissantes parce qu’elles se jouent au niveau individuel.

Pour lui,  » l’accession à l’autonomie se manifeste par la libération et le recouvrement de trois facultés : la conscience, la spontanéité et l’intimité « (1).
. La conscience, c’est  » le fait d’exister dans l’ici et maintenant, non dans l’ailleurs, le passé ni l’avenir. (…) La personne consciente est en vie parce qu’elle sait ce qu’elle éprouve, où elle se trouve et dans quel temps.  »
Je suis conscient de ce qui se passe en moi et dans les autres, ici et maintenant, en étant connecté à ma sensibilité, mon intelligence et mes règles propres.  » La conscience est la faculté de voir une cafetière et d’entendre chanter les oiseaux selon sa propre manière et non celle qui vous fut enseignée  »
. La spontanéité  » signifie choix, liberté de choisir et d’exprimer ses propres sentiments parmi la collection disponible (…).  » Donc la spontanéité passe par l’autorisation d’éprouver et d’exprimer d’autres sentiments que ceux qui sont autorisés – par mon éducation, par la structure (entreprise, équipe) dans laquelle je travaille.
. L’intimité, c’est la capacité à être en contact avec soi-même et avec autrui dans des relations authentiques – donc en-dehors des  » jeux « , au sens de stratagèmes qui sont une manière toxique de structurer notre temps et nos relations.

Prenons l’exemple d’une structure dans laquelle on veut développer l’autonomie de chacun, sa capacité à innover, à s’impliquer, dans le respect de sa mission, de la mission de l’entreprise et du cadre de celles-ci :
. Élever mon niveau de conscience, c’est être au clair sur le sens que je donne à mon action et l’adéquation entre ce sens et celui de l’entreprise. Cela signifie aussi être conscient de ma motivation, de mes besoins psychologiques sous-jacents, et des stratégies que je mets en œuvre pour les nourrir
. Élever mon niveau de spontanéité, c’est d’abord prendre conscience que toutes les émotions sont OK, et réfléchir au bon usage de ces émotions, au service de mon action (point précédent).
. Élever mon niveau d’intimité, c’est développer les permissions d’exprimer ces émotions de manière sincère, comme un signe de reconnaissance positif, c’est-à-dire authentique, réel, et approprié à la situation.

… C’est bien sur ces trois axes que j’inscris mon action d’accompagnement, en entreprise ou avec le grand public !

(1) Eric Berne, Des Jeux et des hommes, Paris, Stock, 2011, p. 193

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