Communiquer, c’est être dans un rapport charnel

Publié le 15 février 2018

« Aujourd’hui la place du théâtre n’a rien perdu de sa force même si la mode de l’image a pris une trop grande importance. Les images perdront du terrain, il y en a trop. Le théâtre restera, il est irremplaçable car il contient l’essentiel : le verbe, le texte, le rapport charnel de l’homme à l’homme. »

Michel Bouquet est l’un des plus grands comédiens français, et il conclut avec cette phrase une magnifique réflexion sur le théâtre, le jeu de l’acteur, et sur Molière, son auteur fétiche : Michel Bouquet raconte Molière.

Cette phrase m’émeut à double titre. D’abord parce que mes 10 ans de théâtre m’ont ancré cet art dans le corps et dans le cœur. J’ai vécu de magnifiques émotions sur scène, et je continue à les vivre en allant voir mes amis transpirer sur le plateau, au service de textes immenses. Et cette phrase résonne aussi avec mon métier actuel – donner aux personnes que j’accompagne les outils pour que ce « rapport charnel d’homme à homme » soit libre, joyeux et efficace.

En 1998, lorsque j’étais journaliste high-tech au Figaro Economie, le patron d’une société américaine m’avait dit : « tu sais, les sociétés de transport ont du souci à se faire… Bientôt nous communiquerons uniquement sur internet, avec des applications pour s’écrire, s’envoyer des images, faire de la vidéoconférence ». Nous avons effectivement inventé des dizaines de nouvelles formes de communication, dont certaines encore inimaginables en 1998. Mais tous ces nouveaux modes sont venus en plus, et le cœur de la communication n’a pas changé.

Ce qui compte, encore et toujours, c’est la relation en face-à-face, la compréhension des intentions et des émotions de chacun, l’utilisation conjointe et harmonieuse de notre intelligence rationnelle et de notre intelligence émotionnelle.

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