Notre cerveau est une balance inquiète – apprenons à le piloter !

Publié le 19 janvier 2018

Un centre de tri ultra-rapide. Dans son livre Your Brain at work, David Rock montre que notre cerveau possède un principe d’organisation fondamental : il classe en permanence le monde entre les éléments dangereux et ceux qui nous permettent de survivre. « Tout ce que vous faites est basé sur la détermination de votre cerveau à limiter le danger ou augmenter la récompense ». Nos émotions se répartissent entre « aller vers » – envie, joie, bonheur – et « s’éloigner de » – peur, colère, tristesse. Notre cerveau limbique (celui qui décide émotionnellement) est en permanence en train de prendre des décisions « aller vers » ou « s’éloigner de », une demi-seconde avant que nous n’en soyons complètement conscients au niveau du néocortex (la partie de notre cerveau qui raisonne, comprend, analyse).

Problème : « l’être humain marche vers et fuit en courant ». Nous descendons de gens qui accordaient beaucoup d’attention au moindre bruissement dans les buissons. Dans un monde dangereux, seuls ceux qui étaient hypervigilants avaient une chance de survivre. Du coup, les émotions « s’éloigner de » sont plus fortes, plus rapides, et elles durent plus longtemps que les émotions « aller vers ». Les cercles vertueux sont plus rares que les cercles vicieux.

Or les réactions « s’éloigner de » cumulent les conséquences négatives : diminution de nos capacités à comprendre, à réfléchir sur nous-mêmes, difficultés à nous souvenir et à décider, tendances à exagérer les obstacles et interprétations faussées par des connections inappropriées (pendant une demi-seconde je vois la maîtresse d’école que je détestais à la place de la personne en face de moi).

« Supprimer » sa peur ne fonctionne pas. Face à ces conséquences très négatives, la tentation peut être de faire « comme si » je n’éprouvais pas cette émotion « s’éloigner de », peur ou colère par exemple. J’essaye de la supprimer, de me dire qu’elle n’est pas là. James Gross, de l’Université de Stanford, a montré que cette stratégie ne marchait pas du tout : le système limbique est stimulé exactement de la même manière, les réactions chimiques sont les mêmes – et en plus l’effort pour « ne pas y penser » nous rend encore moins attentifs à ce qui se passe autour de nous. Dernier effet négatif : les observateurs sont mal à l’aise face à une réaction étrange, incompréhensible – la tension se généralise.

La solution ? Augmenter l’activité de notre cerveau « froid », faire fonctionner notre néocortex pour diminuer l’activité limbique, émotionnelle. David Rock donne par exemple une technique très simple : il faut nommer nos émotions. Nous refusons souvent d’identifier et de parler de nos émotions parce que nous craignons de les amplifier. Au contraire, il est prouvé que si l’on se contente de nommer mentalement ou à haute voix notre émotion, en un mot ou deux, alors elle se réduit. Il s’agit bien d’une description courte, pas d’un grand dialogue à son sujet…

Plus largement, plus nous augmentons la conscience que nous avons de nos émotions, mieux nous serons à même de les gérer. Il faut réfléchir, prendre conscience, puis apprendre et pratiquer des techniques…

Voilà pourquoi j’organise des stages sur le bon usage de nos émotions… Et pour la peur, il reste encore quelques places dans le stage animé par Gérard Vallat, les 26 et 27 janvier !

Photo by Elijah Hiett on Unsplash

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