L’empathie n’est pas la sympathie…

Publié le 15 novembre 2017

Une des définitions les plus couramment utilisées pour l’empathie est « la capacité à se mettre à la place de l’autre ». Mais on oublie toujours la fin de cette phrase : « … sans oublier qui on est ! » Ou comme le dit la définition d’Evan Thompson, l’empathie c’est « a) La capacité d’expérimenter et de comprendre ce que ressentent les autres (b) tout en maintenant un discernement clair au sujet de vos propres sentiments et de ceux de l’autre personne. »*

L’empathie, c’est la capacité à rentrer dans le cadre de référence de l’autre, en lui montrant de l’intérêt, en l’écoutant, en lui posant des questions, mais sans pour autant adopter, épouser ce cadre de référence. Au contraire, pour apporter une aide réellement efficace à la personne que je rencontre, je dois parfois lui montrer ma distance, ma différence, pour qu’elle comprenne qu’il y a d’autres réalités que la sienne, et donc d’autres options pour changer cette réalité. Ou comme le dit Daniel Goleman dans son livre Working with Emotional Intelligence, « l’empathie, ça n’est ni faire de la psychologisation, ni être d’accord avec l’autre »

Dans la vidéo ci-dessous, Brené Brown, professeur à l’Université de Houston, Texas, montre de manière ludique la différence entre sympathie et empathie. Elle montre comment la sympathie se contente parfois de rester « extérieure » à la vision du monde portée par l’autre, à ses souffrances comme à ses joies. Elle ne permet pas la création du lien, ni la mise en place d’un vrai soutien.

Au contraire, la sympathie va parfois jusqu’à la confusion de nos deux cadres de référence : je pleure avec toi qui a mal, comme si j’éprouvais la même souffrance que toi. Cette position, qui peut être adoptée par un ami, un proche, ne sera pas très utile pour un thérapeute, un coach, un manager… Entre autres parce qu’elle empêche, par sa trop grande proximité, le rétablissement de l’autonomie et de la puissance de la personne. Après avoir marqué sa sympathie, il peut être utile d’adopter une attitude plus empathique pour changer les perspectives !

Si vous avez des exemples, des commentaires, je vous réponds dans les commentaires ci-dessous !

* « (a) The ability to experience and understand what others feel (b) while maintaining a clear discernment about your own and the other person’s feelings and perspectives. » Journal of Consciousness Studies, 8, No. 5–7, 2001, pp. 1–32

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